jeudi, 15 octobre, 2009
Traité de Lisbonne - les "oui" l'emportent en Islande
par Jacques Gallant
Après l'avoir rejeté une première fois il y a 16 mois, une majorité d'électeurs dans la République d'Irlande ont décidé lors d'un referendum il y a deux semaines de ratifier le traité de Lisbonne en appuyant le 28e amendement de leur constitution.
Selon les résultats officiels, plus de 67 % d'Irlandais ont choisi d'adopter les propositions qui mèneront à des changements considérables à la structure de l'Union européenne (UÉ), présentement formée de 27 États.
Le premier ministre de l'Irlande, Brian Cowen, s'est joint avec de nombreux chefs de gouvernement européens en affirmant sa satisfaction avec les résultats. En fait, tous les partis politiques irlandais appuyaient le traité, à l'exception du parti nationaliste Sinn Fein, qui trouvait que les nouveaux amendements pourraient mettre en danger les principes de démocratie à la base de l'UÉ. Cette opinion provient du fait qu'avec le traité de Lisbonne, plusieurs décisions européennes pourront maintenant être adoptées par une majorité de voix, et non par l'unanimité.
À part de Sinn Fein, véhément dans sa lutte contre le traité, le groupe lobbyiste et anti-Lisbonne Coir s'est dit désappointé que la voix du peuple irlandais n'avait pas été respectée lors du premier référendum. Lors de cette instance, 53, 4 % avaient voté « Non », comparés à 46, 6 % pour les « Oui ».
Dans le référendum du 2 octobre, 32,9 % ont indiqué leur désaccord avec le 28e amendement. Quant au camp des « Oui », avec son 67 % d'Irlandais, celui-ci a bénéficié d'une augmentation de 20, 5 % d'électeurs comparés aux résultats du référendum en juin 2008. En tout, 59 % des trois millions d'électeurs éligibles se sont mobilisés pour voter cette année.
Deux raisons majeures ont été mises à l'avant afin d'expliquer pourquoi tant d'Irlandais ont indiqué leur accord avec le 28e amendement lors de ce deuxième référendum. En premier lieu, la sévérité croissante de la situation économique est soupçonnée d'avoir tenté la main de plusieurs citoyens. Deuxièmement, le traité de Lisbonne est censé contenir des « garanties légales » qui stipulent que le traité n'affectera pas certaines zones de la souveraineté irlandaise, telles que la taxation, la neutralité militaire et l'avortement. Ces questions avaient fortement joué sur l'opinion de l'électorat pendant la campagne menant au référendum l'an dernier.
L'Irlande était le seul membre de l'UÉ à ratifier le traité de Lisbonne par moyen de référendum. Il reste maintenant deux États à montrer leur appui, soit la Pologne et la République tchèque. Les parlements de ces deux pays ont déjà adopté le traité, mais il reste l'assentiment de leurs présidents. Dans le cas de la Pologne, son chef d'État, Lech Kaczynski, est censé apposer sa signature à la motion dans les prochains jours. C'est une autre histoire dans la République tchèque, où son président « eurosceptique », Vaclav Klaus, refuse de signer le traité jusqu'à ce qu'il soit validé par la Cour constitutionnelle.
Le traité de Lisbonne nécessite l'accord de tous les 27 membres de l'UÉ pour pouvoir entrer en vigueur, qui était censé être en janvier 2009, mais cette date a été remise au 1er janvier 2010. Selon des analystes et plusieurs politiciens, le traité permettra de mieux former les institutions qui doivent servir l'Union européenne grandissante. Parmi les amendements, Lisbonne propose la création du poste d'un président du Conseil européen avec un terme fixe de deux ans et demi et le poste d'un Haut représentant de l'UÉ pour les Affaires étrangères. D'ailleurs, le traité entérinerait la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
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